29 juillet 2008
Entretiens de femmes
Céline SADAY
Quel meilleur avis pourrait-on avoir pour se documenter sur l’évolution de la place des femmes dans la société et la vie politique françaises si ce n’est en le demandant aux premières concernées ?
La société française connaît un bouleversement des mœurs et de la place des femmes depuis la seconde guerre mondiale, cristallisé par le mouvement de « Mai 68 » : droit de vote et d’éligibilité des femmes octroyé par le général De Gaulle sous le gouvernement provisoire d’Alger, en 1944 ; Germaine Poinsot-Chapuis première femme avocat nommée ministre en 1947 ; légalisation de la pilule contraceptive (loi Neuwirth) en 1968 ; légalisation de l’avortement (loi Veil) en 1975… Ce sont quelques jalons d’une évolution qui n’en finit pas de bouleverser les mentalités.
Des femmes de la vingtaine à la soixantaine témoignent ici de la façon dont elles ont vécu et perçu le XXe siècle. Elles nous livrent une part de leur jardin secret et ce qu’elles attendent de l’avenir. Certaines réponses apportées nous livrent la connaissance que chacune a, selon sa génération et son expérience personnelle des grands tournants de l’évolution de la femme française.
Les propos ont été ici rapportés sans fard et avec peu d’embellie littéraire pour être au plus près de la pensée et de l’émotion de leurs auteures.
§ Marie, 20 ans, étudiante en philosophie, Paris.
Que représente pour vous, étudiante, la politique ?
Quelque chose dont il faut se méfier !
Pourquoi ?
Parce que c’est ce qui régit notre vie au quotidien, mais ça peut aussi faire du mal si c’est placée entre (ou prise par) de mauvaises mains.
Votez-vous ? Etes-vous syndiquée à l’université ?
Oui, j’ai voté pour la première fois aux élections régionales, il y a quelques mois. A la fac, je ne suis pas syndiquée, je n’y comprends strictement rien et je ne me sens pas représentée.
Et en tant que femme. La pilule, vous l’obtenez facilement quand vous en avez besoin ?
Oui bien-sûr, sur prescription médicale.
Savez-vous quand la pilule et l’interruption volontaire de grossesse ont été autorisées ?
C’était dans les années soixante-dix, je pense. La légalisation des contraceptifs et de l’IVG, c’était le combat de Simone Veil. Mais on n’a pas forcément ça en tête à chaque consultation chez le gynéco. On lui doit beaucoup, n’empêche. Merci Simone. J’ai de la chance d’être née après tout ça, car je sais que si un jour je tombe enceinte à un moment inapproprié de ma vie, je n’aurai pas à employer des méthodes barbares où à me mettre hors-la-loi pour me tirer de cette situation délicate.
Qu’entendez-vous par « méthodes barbares » ?
Ma grand-mère m’a raconté ça un jour. Les aiguilles à tricoter (au risque de se mutiler), les méthodes des « faiseuses d’anges », les avorteuses clandestines des campagnes qui injectaient tout et n’importe quoi dans l’utérus pour provoquer des infections et des fausses couches. Je n’en sais pas plus.
C’est donc un passé encore proche, les témoins directs existent. Mais si aujourd’hui certaines libertés n’étaient pas encore acquises, iriez-vous personnellement manifester pour que cela se fasse ?
Oui, absolument. J’ai hérité de l’esprit revendicatif de ma mère et de ma grand-mère. Ma mère, surtout, qui a plusieurs « manifs » sur son curriculum vitae, et j’en suis plutôt fière (rires).
A présent, testons votre culture générale…
Quand, selon vous, le droit de voter et d’éligibilité a-t-il été accordé aux femmes ?
En 1944, par le général De Gaulle. Je connais bien cette date parce que l’on a fêté le 60e anniversaire du droit de vote des femmes il y a quelques jours…
Pensez-vous qu’il y ait actuellement assez de femmes en politique ?
Non, je ne pense pas. Il doit y avoir une proportion de femmes actives dans ce domaine, mais inconnues et peu de grandes figures.
§ Françoise, 31 ans, orthophoniste, Lille.
Parlez-nous de vous et de votre rapport à la politique.
Je suis née à Lille en 1973. J’ai été adoptée à l’âge de neuf mois, ce qui ne m’a pas empêché d’avoir une enfance formidable. Pendant mes années de lycée, j’ai manifesté contre les réformes de M. Jospin [ministre de l’éducation, NDLR]. J’étais dans un lycée très politisé, où j’ai fréquenté des anarchistes et des communistes, même si ma tendance était nettement plus modérée. J’ai toujours voté. Parce que je n’accepte pas que l’on se plaigne sans utiliser le droit de vote.
Vous n’aviez que deux ans en 1975, vous n’avez pas ressenti les effets directs de l’adoption de la loi sur l’avortement. Que pensez-vous de cela aujourd’hui, en tant que femme ?Je suis heureuse que Mme Veil ait fait avancé les droits des femmes et évité à des enfants d’être élevés sans amour ou dans des foyers. C’est important que chaque femme puisse avoir le choix d’assumer ou non une maternité…Ceci dit, je refuse de banaliser l’avortement, ce n’est pas un moyen de contraception et cela reste un acte déchirant. L’usage de la contraception doit être systématique si l’on ne souhaite pas d’enfant. J’ai lutté au sein d’Act Up Lille pour faire évoluer les mentalités concernant le sida et l’homosexualité mais il y a encore beaucoup à faire.
Êtes-vous féministe ? Pensez-vous qu’il y ait dans le couple des tâches exclusivement féminines et d’autres masculines ?
Féministe ? Modérée alors. Je bondis quand un homme sollicite son épouse en permanence, sans jamais lever lui-même le petit doigt, quand il est irrespectueux, infidèle, mais je bondis aussi face à un comportement similaire chez une femme. Je suis plutôt pour l’égalité, le respect et le partage.
§ Véronique, 36 ans, comédienne, région parisienne.
Quel regard portez-vous sur le féminisme ?
Je pense que c’est une bonne chose quand il s’agit de donner de l’importance aux femmes, que ce soit en politique ou dans la société, parce qu’elles y ont leur place. En fait, pour moi, le « pouvoir des femmes » a toujours existé, mais dans l’ombre. Prenons l’exemple de Madame Chirac, actuelle première dame de France. Auparavant, la femme du président de la République n’était jamais exposée aux médias. La vedette, c’était le mari. Mais cette femme est de tous les combats : pièces jaunes etc… [association destinée à collecter des centimes d’euros pour améliorer le quotidien des enfants hospitalisés, NDLR]. Elle soutient son mari, mais elle fait aussi campagne pour elle-même, au niveau local, en Corrèze.
Pensez-vous que les femmes sont assez présentes dans les instances politiques, de nos jours ?
Oui. Et de plus en plus je crois.
Savez-vous quand une femme a été pour la première fois nommée ministre, en France ?
Dans les années 1950. Le poste ? Non, je ne sais pas.
Le droit de vote des Françaises date de quand selon vous ?
Des années soixante je pense. D’après Mai 68 peut-être.
§ Simone, 43 ans, commerçante, région parisienne.
Quand avez-vous voté pour la première fois ?
J’ai voté à 18 ans et j’avais même la carte du parti auquel je croyais à l’époque, et je tenais aussi des bureaux de vote parce que l’on avait des doutes sur certains résultats… Je me souviens que c’est Giscard [président de 1974 à 1981, NDLR] qui a abaissé la majorité de 21 à 18 ans. Je ne me souviens pas avoir une seule fois oublié d’aller voter. C’est un droit et un devoir, même si les élus sont parfois « ripoux ».
Quel souvenir gardez-vous de « Mai 68 » ?
J’avais sept ans. Je me souviens que Papa avait du mal à trouver de l’essence et c’était handicapant pour son travail. Ma mère faisait la grève et partout en ville, c’était une « merde indéfinissable ». C’est vrai que les français sont ingouvernables. Il y a un dicton qui dit « quatre Français dans une pièce et cinq idées »…
Comment avez-vous réagi à la loi sur l’avortement ?
J’ai applaudi des deux mains. Parce que cela a permis à plus d’une femme de sauver sa dignité, sa santé et parfois de ne pas avoir un enfant non-désiré.
Que savez-vous du féminisme ?
Ca s’appelait le M.L.F. soit « mouvement pour la libération des femmes ». Je ne suis pas adhérente mais je crois qu’elles ont fait bouger les choses en 1975. A l’époque, à chaque fois qu’une femme parlait trop, on lui disait : « t’as la carte du MLF, toi ».
A votre avis, quand les Françaises ont-elles reçu le droit de vote ?
C’est De Gaulle qui l’a donné après la guerre, en remerciement de la résistance des femmes contre les nazis. En 1950 ou un peu avant.
Quand pour la première fois une femme a-t-elle été nommée ministre ?
Sousla Cinquième République [1945 à nos jours, NDLR]. Quant à l’année précise… Je pense à 1970, avec Pompidou [président de la République, 1970-1974, NDLR].
Enfin, quelle est selon vous la proportion de femmes à l’Assemblé Nationale aujourd’hui ?
Je dirais 5 à 10 %. Ma tante est questeur à l’Assemblée. Ils sont une dizaine et elle a été la première femme à occuper ce poste.
§ Brigitte, 44 ans, sans profession, région parisienne.
Quel est votre rapport à la politique ?
La première fois que j’ai voté, c’était en 1981. C’est un grand souvenir pour moi car c’était l’arrivée de la gauche au pouvoir. J’avais 21 ans. Mon père était fou de joie. Je m’intéressais à tout cela et j’allais même aider au dépouillement des bulletins de vote avec mon père.Maintenant je suis désabusée de tout cela. Je ne suis même pas inscrite sur les listes électorales de ma ville, je ne vais pas voter. Je considère que les politiques ne sont que des magouilleurs en puissance. Seuls les extrémistes de gauche me paraissent sincères mais leurs idées ne sont pas réalisables.
Quel souvenir gardez-vous de Mai 68 ?
J’avais 8 ans et franchement je ne me souviens pas de grand-chose. En banlieue, les effets n’étaient pas perceptibles ou alors j’étais trop jeune pour m’en rendre compte.
Et la loi sur l’avortement ?
Les adolescents n’étaient pas assez informés sur ce qu’elle proposait. C’était difficile de se procurer la pilule. On ne savait pas où étaient les permanences du planning familial.
Avez-vous lu à l’époque, comme la plupart des adolescentes, le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, ouvrage résolument féministe ?
J’étais dans une classe littéraire et mon professeur nous en avait parlé mais je ne l’ai jamais lu.
Quand, selon vous, a-t-on accordé le droit de vote aux femmes ?
En 1945, c’était De Gaulle.
Quand a-t-on pour la première fois nommé une femme ministre ?
Ce devait être Simone Veil. Je ne me souviens plus de la date.
Quelle proportion de femmes y a-t-il, d’après vous, à l’Assemblée Nationale ?
Entre 10 et 20 % je pense.
§ Sylvie, 48 ans, pédiatre, Vincennes.
Quel souvenir gardez-vous de Mai 68 ?
J’ai à peine vécu Mai 68. A 11 ans, j’étais en sixième. Je me souviens que mes parents avaient peur de nous laisser sortir et aussi qu’il y avait des AG [Assemblées générales, NLDR] dans mon lycée et où allaient les « plus vieilles » ; car c’était un lycée public de filles, le lycée Hélène Boucher, à Paris. Finalement, on a fini l’année scolaire à la maison. C’est après que les choses ont changé : adieu l’uniforme ! Et bonjour la blouse ! Beige une semaine, Bleue la suivante… Mais toujours pas de pantalons… Après Mai 68, on a abandonné les blouses et porté des « pattes d’eph’ » et on se maquillait !
Et la loi Veil de 1975 sur l’interruption volontaire de grossesse ?
J’avais 18 ans. Je suis tombée enceinte juste après le vote de la loi, « grâce » à une gynécologue qui était contre la pilule. Malgré le vote de la loi, c’était très difficile de se faire avorter à cause de nombreux gynécologues qui étaient contre. Les hôpitaux faisaient de l’obstruction en allongeant les listes d’attente, ce qui faisait dépasser le délai légal… J’ai donc choisi le planning familial. Là-bas, un gynécologue avortait sans anesthésie mais correctement, et il a toujours aidé les femmes en détresse. Bien entendu, je suis pour le droit à l’avortement, même si c’est un traumatisme certain (psychologique, et parfois physique). Personne ne peut s’arroger le droit de l’interdire. On ne peut pas non plus juger les circonstances qui peuvent, un jour, nous mener à avoir besoin de cet acte. Je ne le banalise pas. Et il faut d’abord prôner la contraception.
Vous parler remarquablement bien de l’IVG, seriez-vous un brin féministe ?
Je ne vois pas ce que vous appelez féministe. J’en suis probablement une. J’ai lu, il y a longtemps, Beauvoir, Giroud et même le rapport Hite sur la sexualité des femmes. Je suis pédiatre et dans mes consultations j’aide les femmes à s’affirmer et à ne pas se laisser dominer par leur homme. Mon ex-mari en était fier et me taxait de « soixante-huitarde attardée » et de féministe. Ma génération est marquée par des femmes parties de la maison pour étudier, puis gagner de l’argent mais aussi continuer à s’occuper de la maison, des enfants et du mari… Résultat : double-journée de travail et des « super-women » dont les hommes ont peur parce qu’elles n’ont pas assez besoin d’eux. Je pense que les hommes des générations suivantes sont plus partageurs en matière domestique et dans l’éducation des enfants.
Revenons-en à la politique… Votez-vous ?
J’ai toujours voté. La majorité est passée de 21 à 18 ans en 1974 après l’élection de Giscard. Je n’ai pas pu voter cette fois-là. Je vote parce que je m’y sens obligée (je suis une légaliste…) mais il y a belle lurette que je n’y crois plus. Pour les politiques, tout se résume à s’enrichir et avoir du pouvoir. Mais je pense qu’il est plus facile de faire évoluer les choses dans notre entourage qu’en votant pour des gens qui ne réaliseront pas ce pourquoi ils ont été mandaté.
Auriez-vous aimé faire de la politique ?
J’ai travaillé dans une mairie pendant longtemps. Je m’y étais posée la question de m’investir davantage pour ma commune. Mais elle était de bonnes dimensions et seuls les plus politisés avaient des chances. Je ne suis donc pas allée plus loin que d’y penser.
Quand est-ce que selon vous les Françaises ont obtenu le droit de vote ?
Après la deuxième guerre mondiale je pense. Disons… En 1945 ?
Quand a-t-on nommé pour la première fois une femme ministre ?
Aucune idée. Je vais dire en 1950, sans grande conviction.
Quelle est la proportion de femmes à l’Assemblée Nationale aujourd’hui ?
Disons entre 20 et 30 %.
Pour quel type de solution faudrait-il opter, selon vous, pour favoriser l’entrée en politique des femme ?
Certainement pas les quotas. Qu’on laisse y aller celles qui le souhaitent et qu’on leur offre des aides, surtout si elles ont des enfants à charge.
§ Geneviève, la quarantaine, femme au foyer, région parisienne.
Quand avez-vous voté pour la première fois ?
C’était dans les années 1980. Je n’ai pas voté tout de suite. Je n’avais pas de positions politiques et je ne m’orientais précisément vers aucun parti.
Quel est votre sentiment vis-à-vis du féminisme ?
Ca nous a donné des droits. Mais c’est comme partout, il y a des extrémistes et c’est que je ne comprends ni accepte pas. Etre féministe pour dénigrer un homme ce n’est pas constructif mais destructif. Oui, nous sommes différentes des hommes, mais cela peut être agréable lorsque ces différences sont réunies.
Pensez-vous qu’il y ait aujourd’hui assez de femmes dans les instances politiques ?
Non. Mais je pense que ce n’est pas « n’importe quelle femme » qui ferait de la politique. Il faut avoir du caractère, de la hargne pour s’imposer et imposer ses idées en tant que femme. C’est comme la mécanique. Il y a des « trucs » d’hommes et des « trucs » de femmes.
Quel souvenir gardez-vous de Mai 68 ?
Vraiment rien. J’étais petite fille et j’étudiais dans une école privée catholique. On n’était pas au courant des grèves et des perturbations. C’était un monde hermétique.
Quel est votre avis sur la loi Veil ? Etait-ce selon vous une grande évolution pour les femmes en matière de santé ?
Une grande évolution ? Non, je ne pense pas. Mais cela a permis à plus d’une femme de sortir de certaines misères comme les grossesses après un viol.
Vous ne minimisez pas un peu trop quand même ? La maîtrise de son corps et de sa fécondité, c’est important pour une femme, non ?
Oui, c’est vrai. Je me souviens que ma mère assumait une grossesse par an ! Tous les trois mois, ça repartait ! En fait ce qui me gêne dans l’IVG, c’est que certaines voient ça comme directement comme un moyen de contraception. Alors que ce devrait être la solution définitive, quand toutes les autres n’ont pas fonctionné. Il faut les éduquer.
En parlant d’éducation… Deux heures d’éducation sexuelle sont octroyées séparément aux garçons et aux filles au collège et au lycée. Vous pensez que ce n’est pas suffisant ?
Je ne savais pas ça. Oui, les jeunes ont besoin d’un tel encadrement pour apprendre à se protéger et mieux connaître les moyens de contraception.
Revenons brièvement à la politique…
Quand, selon vous, les femmes ont-elles obtenu le droit de vote, en France ?
Peut-être en 1948. Après la guerre en tout cas.
Et quand une femme a été nommée pour la première fois ministre ? Et à quel portefeuille ?
1975 ou 1970… Je pense à Simone Veil, ministre de
la Santé. Ah non, il y avait Françoise Giroud avant.
§ Marie-Josée, 62 ans, secrétaire à la retraite, région parisienne.
Quand avez-vous voté pour la première fois ?
J’avais la vingtaine. C’était la seule fois où ça m’a intéressé d’ailleurs. C’était quand exactement, je ne sais plus, mais c’était pour De Gaulle. C’était quelqu’un en qui j’avais confiance. Un homme droit. Pompidou aussi d’ailleurs.
Quel souvenir gardez-vous de Mai 68 ?
Un vrai bordel ! J’étais jeune mariée et enceinte. Tout ce qu’il y avait, c’était des pénuries ! On habitait Paris à cette époque. La circulation était bloquée, mon mari venait à pied de son lieu de travail me rejoindre à l’hôpital. Ces gens dans la rue… Je ne supportais pas. Je n’ai jamais eu ce tempérament. D’ailleurs, comme on est différentes, ma fille a du hériter du tempérament soixante-huitard mais pas de moi !
Quel regard portez-vous sur le féminisme ?
Je suis admiratives de ces pionnières. Mais comme je vous ai dit : l’action, c’est pas « mon truc ». D’ailleurs à l’époque, il en fallait pour faire avancer les choses. Aujourd’hui la vie est plus facile pour les femmes. On ne réalise plus ce que c’était à l’époque : pas de pilule, pas d’IVG…
Justement, sur l’IVG et le planning familial…
Je suis complètement pour ! Moi j’étais bien contente quand on m’a dit : « Madame, vous pouvez prendre la pilule ». Aujourd’hui aux Etats-Unis, ils remettent en cause le droit à l’IVG des femmes, c’est une hérésie, une atteinte à la liberté de la femme !
Quand, pour la première fois selon vous, a-t-on nommé une femme ministre ?
Les dates, je ne les retiens pas. Mais il s’agissait de Françoise Giroud.
Quelle est la proportion de femmes à l’Assemblée ?
Entre 20 et 30 %. Peut-être plus.
Précisément 10,9 %.
Ah ! Mais on n’y est pas encore arrivé…
Entre le système des quotas et celui de la parité, lequel vous semble le meilleur pour une juste représentation des femmes en politique ?
Certainement pas celui des quotas. Ca me fait penser aux quotas d’acteurs noirs des films américains. C’est du politiquement correct. On en met un peu. Mais attention à ne pas trop en mettre. Je préfère la parité bien-sûr. Parce qu’il y a des femmes qui ont leur place en politique parce qu’elles sont talentueuses, pas parce qu’elles sont des femmes.
§ Suzanne, 65 ans, professeur d’Histoire à la retraite, région Ardèche.
Racontez-nous votre apprentissage de la politique.
J’ai été très tôt politisée. C’était pendant
la Guerre d’Algérie [1954-1962, NDLR], j’avais participé à un mouvement dans mon lycée pour obtenir le droit d’écouter les informations au transistor. J’étais pendue au poste quand De Gaulle a été appelé pour sauverla France. C’est la seule fois de ma vie où j’ai été gaulliste ! Je n’avais que 18 ans en 1958, la majorité était à 21 et j’étais furieuse de ne pas pouvoir voter. Après, je me suis rapprochée des partis d’extrême-gauche sans vraiment adhérer à l’un d’entre eux en particulier. Avec mon vieux fond « anar » j’ai protesté contre la guerre d’Algérie, fait des sittings sur le cours Mirabeau à Aix-en-Provence, et « porté des oranges » aux copains déserteurs incarcérés.
Des débuts mouvementés,… L’agitation a dû être de la partie en Mai 68…
Bien sûr ! En Mai 68, j’étais prof depuis 4 ans et secrétaire du syndicat du lycée. On a occupé le lycée et même bloqué le proviseur dans son bureau toute une matinée !Avec les élèves, on a refait le monde et des balades en montagne, mais le bac a bien eu lieu. On descendait aux manifs, à Grenoble, et on n’était plus payés. Mai 68 est retombé comme un souffle avant de générer des rangs d’élèves politisés.
Quelle était votre position au moment du vote de la loi Veil ?
Je manifestais pour la pilule et l’avortement avec certaines de mes filles de Terminale. On a même pris des coups de matraque, rien de tel pour créer la solidarité prof-élèves. De toute évidence, j’étais pour cette loi, c’était l’aboutissement de nos luttes, et puis, j’en avais assez d’être fournies en échantillons de pilule par les copains médecins ! Et quelques années avant, on a fait grève pour qu’une élève qui attendait un bébé ne soit pas virée du lycée. C’était mon premier « bébé d’élève ». Je me rends compte que ce bébé a aujourd’hui…32 ans !
Derrière chaque action que vous relatez, on sent la féministe…
Féministe ? Oui, sans doute. Mais sans adhérer à aucun mouvement. C’était surtout une envie personnelle de faire bouger les choses. Le droit à l’avortement est une bonne chose là où la contraception a échoué et c’est une femme qui nous l’a apporté. Mais, avec le temps, ma fibre politique et syndicale s’est distendue. En fin de carrière, je n’étais même plus syndiquée mais ça ne m’a pas empêché d’aller aux manifs…Jusqu’en 1997 ! La dernière manif, je l’ai faite avec des ouvriers de St-Florent sur Auzonnet. Après, j’ai vraiment décroché, et puis, place aux jeunes !
Avez-vous été une fervente lectrice de Simone de Beauvoir et du Deuxième Sexe ?
Le Deuxième Sexe…Je l’ai lu en classe de Première, en 1956-57. Je n’avais sans doute pas tout compris. Alors je l’ai relu il y a deux ans. J’ai vraiment trouvé cela ringard ! Pardon Simone, mais il y a des livres de toi que j’aime mieux ! (rires)
Pensez-vous que les femmes sont assez présentes dans les instances politiques de nos jours ?
Elles pourraient l’être plus, mais le souhaitent-elles ?
Propos recueillis par Céline SADAY en avril 2004.
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BADINTER (Elisabeth), Des Relations entre hommes et femmes, Paris, Librairie générale française, coll. le livre de poche, 1987, [381 p.]
BADINTER (Elisabeth), Fausse route, Paris, Odile Jacob, 2003, [221 p.]
BATAILLE (Philippe) et GASPARD (Françoise), Comment les femmes changent la politique et pourquoi les hommes résistent, Paris,
La Découverte-Syros, 1999 [201 p.]
DUBY (Georges) et PERROT (Michelle) (dir.), Histoire des femmes en Occident, tome 5 : le XXe siècle, THEBAUD (Françoise) (dir.), Paris, Plon, 1992, [env. 661 p.]
GASPARD (Françoise), SERVAN-SCHREIBER (Claude), LE GALL (Anne), Au pouvoir citoyennes : liberté, égalité, parité, Paris, le Seuil, 1992, [184 p.]
HALIMI (Gisèle), Femmes : moitié de la terre, moitié du pouvoir : plaidoyer pour une démocratie paritaire, Paris, Gallimard, [288 p.], textes du colloque de l’Unesco : « la démocratie pour les femmes, un pouvoir à partager » des 3 et 4 juin 1993.
HELFT MALZ (Véronique) et LEVY (Paule Henriette), Les femmes et la vie politique française, Paris, Presses universitaires de France, coll. Que sais-je, 2000, [127 p.]
JEDRYKA (Joëlle), Des femmes pour les communes, Paris, éd. De l’Aube, 2000, [59 p.]
MOSSUZ-LAVAU (Janine), Femmes-Hommes : pour la parité, Paris, Presses de Sciences Po, coll. la bibliothèque du citoyen, 1998, [139 p.]
SINEAU (Mariette), Des Femmes en politique, Paris, Economica, coll. la vie politique, 1988, [240 p.]
SINEAU (Mariette), Profession femme politique : sexe et pouvoir sous la 5e République, Paris, Presses de Sciences Po, 2001, [305 p.]
Chine : Les intellectuels élèvent la voix
Céline Saday
Dans une pétition lancée samedi en faveur du retour au calme au Tibet, des intellectuels chinois exhortent Pékin à mettre fin à sa « propagande unilatérale en vue de décrédibiliser le Tibet […] et d’attiser le ressentiment ethnique ».
En moins d’une semaine, près de 30 intellectuels – en majorité Han, le groupe ethnique dominant - ont signé le manifeste. Parmi les signataires, quelques uns ont déjà eu maille à partir avec la justice chinoise et ont séjourné en prison pour « incitation au désordre civil » ou « divulgation de secrets d’Etat ».
Militants actifs des droits de l’homme ou pour la mémoire des étudiants victimes de la répression de 1989 à Tian’anmen, certains se disent prêts à travailler avec le pouvoir. C’est le cas de l’écrivain et militant écologiste Wang Lixiong, longtemps interdit en Chine et publié au Canada sous le pseudo de Bao Mi.
Avocats, hommes et femmes de lettres ou analystes politiques, tous mettent en avant 12 recommandations à l’usage du gouvernement du Premier ministre Wen Jiabao. Ils préconisent ainsi l’initiation d’un dialogue avec le Dalaï Lama, le chef spirituel tibétain, la fin des violences et la réouverture de la province autonome du Tibet, totalement bouclée depuis plusieurs semaines. Ils accusent également le strict verrouillage de l’information provenant de l’étranger et le contrôle des moyens de communication du pays.
« L’accès aux journalistes et chercheurs étant interdit ou sévèrement contrôlé, selon le contexte politique, il est plus aisé de partir travailler en Chine avec un visa touristique » précise Astrid Morchoine, chercheuse au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM) et spécialiste de la Chine.
Les actes antisémites sont en hausse au Canada, selon B’nai Brith
Céline SADAY
Dans son rapport annuel rendu public aujourd’hui, B’nai Brith Canada recense un nombre record d’actes antisémites commis au Canada en 2007 pour la seconde année consécutive.
L’organisation, qui se présente comme le principal organisme de défense des droits de la communauté juive canadienne, dénombre 1.042 cas de menaces, d’agressions et d’intimidations contre des Juifs canadiens l’an dernier. Soit une hausse de plus de 11% par rapport à 2006.
« Les constatations de 2007 indiquent que l’antisémitisme n’est plus un phénomène marginal dans la société canadienne, ni l’oeuvre de quelques sectaires isolés » déclare Frank Dimant, vice-président de B’nai Brith Canada, ajoutant qu’il se produit là où l’on s’y attend le moins, comme dans les zones rurales alors qu’ « auparavant les incidents se limitaient surtout aux centres urbains ».
De plus, les auteurs du rapport signalent, entre autres, la progression d’une tendance antisémite qui sévit sous les dehors de la rhétorique antisioniste. Ils se basent pour cela sur des incidents prenant à partie des étudiants juifs sur les campus, où, selon eux, « l’intimidation se banalise. »
Le président national de la Ligue des Droits de la Personne, Allan Adel, installé à Montréal, met en rapport la poussée d’incidents au Québec avec le pic des audiences de la Commission Bouchard-Taylor au mois de novembre. « La controverse suscitée par le débat sur les accommodements raisonnables a libéré des sentiments latents d’antisémitisme chez les Québécois, à preuve la haine ouvertement exprimée au micro pendant les audiences de la Commission. » prétend Allan Adel.
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Pour consulter le rapport intégral : http://www.bnaibrith.ca
Un forum pour la défense du système public de santé
Céline SADAY
La Coalition Solidarité Santé a donné la parole aux partisans de la sauvegarde du système public de santé, hier, lors d’un forum qui a réuni près de 200 personnes au Cégep de Maisonneuve.
« Il y a des combats qu’il faudra toujours recommencer ». Ce sont les mots de Lorraine Guay, l’une des intervenantes du forum, à propos de la protection de notre système santé. D’abord infirmière, Lorraine Guay a quitté son métier pour devenir la porte-parole de plusieurs mouvements sociaux et féministes. Elle exposait hier le manifeste de la sauvegarde du système public de santé au Québec.
Raviver la mobilisation citoyenne
Le pari de Lorraine Guay était simple. En une vingtaine de minutes, la militante devait raviver la mobilisation citoyenne parmi le public dela Coalition Solidarité Santé, déjà acquis à la cause, qui aura la tâche d’influer sur l’opinion des partisans du rapport Castonguay. Selon le constat personnel de Lorraine Guay, les mesures néolibérales du rapport Castonguay fait des émules jusque parmi le personnel hospitalier : « Comment pouvons-nous penser que le système privé est la solution du système public ? Dans nos propres rangs, à l’hôpital, certains sont déjà gagnés aux idées du rapport. Nous ne sommes plus dans la rationalité » affirme-t-elle.
La gratuité de la santé, un combat durement gagné au Québec
L’infirmière a retracé avec nostalgie les prises de positions de la journaliste Lise Bissonnette qui défendait au Devoir, la gratuité de l’enseignement : « la distinction entre les systèmes public et privé, c’est l’égalité des chances » déclarait alors la journaliste.
Pour Lorraine Guay, la santé est, comme l’éducation, un des derniers bastions du service public à sauver au Québec. « Trois génération après l’instauration de l’assurance-maladie, on nous oblige à défendre à nouveau nos acquis. Le privé provoquera des inégalités sociales irréparables et la souffrance silencieuse des personnes qui n’y auront pas accès » ajoute-t-elle.
Revenir aux valeurs collectives
Lorraine Guay craint également que le système de santé québécois bascule dans le néolibéralisme, à l’image du National Health Service britannique qui favorise les assurances privées et laisse pour compte les couches pauvres de la population anglaise.
La militante s’en prend à l’individualisme qui, selon elle, regagne du terrain dans notre société et cite, à ce titre, les propos de l’ancienne première ministre du Royaume-Uni, Margaret Thatcher, qui déclara « une société, ça n’existe pas, seuls des individus existent ».
Lorraine Guay enjoint le public à se regrouper dans les organisations syndicales et les groupes de pression tels quela Coalition Solidarité Santé et à occuper l’espace médiatique. Des ateliers thématiques ont également été tenus dans le cadre du forum afin de sensibiliser le public à quelques-uns des enjeux de la santé, à l’instar du désengagement de l’État et de ses impacts sur la communauté.
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À Ville-Marie, la prévision de tempête de neige ne fait pas que des heureux
8 MARS 2008
Céline SADAY Alors que les prémices de la tempête de neige prévue pour Montréal ont mis hors des chaumières les amoureux de l’hiver, les petits commerces touristiques de la place Jacques-Cartier étaient en berne hier.
À 11h, seuls deux restaurants, sur la quinzaine qui borde la place, sont ouverts.
« Nous attendons un car de touristes », confie le gérant du restaurant français Le Saint Amable, avant d’avouer qu’il aurait préféré rester chez lui, comme la plupart des montréalais. La seule source de clients pour ces enseignes réside dans les cars des agences de tourisme avec lesquelles ils ont passé des ententes commerciales.
Les prévisions de 15 à 35cm de neige et de vents forts ont eu raison des arrivages de touristes, rares en cette saison et par ce temps, contrairement aux souhaits du ministère québécois du Tourisme qui veut promouvoir le tourisme blanc.
« En hiver, nous servons habituellement 40 couverts le samedi midi et ça peut atteindre 600 couverts l’été », poursuit le gérant, dans la salle désertée du restaurant.
Même constat chez le vendeur de la boutique Souvenirs Place Jacques Cartier Inc : « le samedi, le chiffre d’affaire peut grimper jusqu’à 700 $. Aujourd’hui, avec la neige, je serai content si je pouvais atteindre 150 $ de ventes ».
Les responsables des petits commerces, quant à eux, se plaignent de l’absence de déneigement des parkings à l’usage de leurs clients. « Ils [mes clients] ne peuvent pas se garer dans un tas de neige, alors ils préfèrent les centres commerciaux accessibles par le souterrain », précise une libraire du boulevard Saint-Laurent.
Mais la neige peut aussi faire des heureux. L’arrondissement Ville-Marie, qui affecte en temps normal 11 cols-bleus au déneigement des voies, a déployé un effectif de 80 hommes hier.
L’arrondissement applique également à la lettre les dispositions prises par la ville depuis quelques années : on doit respecter une alternance côté droit / côté gauche précise si on pour stationner de sorte que les déneigeuses puissent travailler et que les véhicules d’urgence puissent passer.
Le Vieux-Montréal est le secteur qui compte le plus de ruelles étroites et difficile à déblayer.
Mais malgré la tempête, la vie continue. Les amoureux de la neige en profitent pour se promener, « j’aime le calme. La neige m’apaise et je ne crains pas le froid », confie une dame âgée rue Saint-Paul.
Avec la même sérénité, un chauffeur d’autobus de la ligne 129 desservant la Côte Sainte-Catherine conclut : « regardez comme c’est beau ! C’est pour ça que l’on aime vivre à Montréal. Sinon, on déménagerait toute de suite. Et puis… Tant qu’il n’y a pas la guerre !… »
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Peut-on défendre un pédophile ?
Par Céline SADAY
Hubert Poulin, avocat montréalais spécialiste du Droit du Travail depuis près de 40 ans, défend depuis quelques années des personnes accusées d’avoir commis des actes pédophiles.
Alors qu’il se tourne aujourd’hui vers l’écriture, l’avocat a décidé – une fois n’est pas coutume – de nous révéler les mécanismes de sa plaidoirie lorsque son client est un pédophile présumé.
Les clients d’Hubert Poulin sont frères enseignants, prêtres séculiers ou professeurs d’éducation physique. Leur principal point commun : le monde de l’enseignement.
Parce qu’ils ont souvent eu, eux aussi, une enfance difficile, ils veulent venir en aide aux enfants isolés et en manque d’affection et de reconnaissance. L’école est alors le cadre idéal pour approcher les enfants.
En manque de reconnaissance eux-mêmes et profitant de l’autorité que confère leur statut de professeur, ils succombent à la pureté virginale des enfants ou au culte du corps. C’est sans doute cela le plus difficile à admettre.
« Ils aiment les enfants, mais ils les aiment mal » prétend l’avocat. Ainsi, l’acte pédophile ne serait que le dérapage d’une relation amicale qu’un adulte peut entretenir avec un enfant.
« Leur technique est de développer un filet de pêche pour attirer l’enfant, un filet tissé d’affection et de bonnes intentions ». Parmi les frères incriminés, certains ont offert des cartes de hockey de collection, d’autres, ayant fait vœu de pauvreté, ont utilisé la carte de débit de la communauté pour emmener l’enfant manger au Mac Donald’s ou à la Cage aux Sports.
L’avocat, lui, n’intervient qu’après la dénonciation de l’individu suspect à
la Direction de
la Protection de
la Jeunesse (DPJ) et à la police.
Entre la première comparution, le moment de signifier si l’on plaide coupable ou non et l’enquête préliminaire, où
la Cour prétend disposer de preuves, le travail d’Hubert Poulin consiste, d’une part, à référer son client à un psychologue afin de commencer un travail de questionnement, et, d’autre part, à retarder la date de début du procès. Ceci pour, dit-il, « apporter de la justice à
la Justice ». Car selon l’avocat, la justice expéditive ne peut être une bonne justice.
Ce laps de temps permet au prévenu de travailler, avec l’aide de son psychologue, à identifier les éléments de son « filet de pêche » et à s’en éloigner, pour devenir un citoyen respectable à nouveau.
Car le talent d’un avocat n’est pas d’obtenir l’acquittement de son client, ce qui serait improbable dans un cas de pédophilie prouvé, mais d’obtenir la sanction la moins forte possible.
Dans le cas de la pédophilie, précise Hubert Poulin, la sentence se base sur deux éléments. D’une part, le crime commis et avéré, et d’autre part, le potentiel de dangerosité du prévenu pour la société.
Si l’accusé a commis les actes incriminés, il doit être en mesure de les admettre et de se resocialiser pendant un temps loin des enfants, comme l’alcoolique fuyant la bouteille.
« J’ai choisi cette voie avant tout parce que j’aime le social. La prison n’enraye pas la récidive », confit l’avocat.
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